100 œuvres d’art qui racontent le climat

La Maison du négociant – musée d’art et d’histoire de Cognac tisse des liens de plus en plus étroits avec les grands musées nationaux. Il est ainsi partie prenante de l’opération initiée par le musée d’ Orsay « 100 œuvres pour raconter le climat » . Seulement 30 institutions culturelles ont été retenues parmi la centaine ayant candidaté.

Les cent chefs-d’œuvre que le musée d’Orsay a sélectionné dans ses propres collections ont été minutieusement choisies pour leur capacité à « raconter le climat » depuis le 19è siècle : tableaux, sculptures, dessins d’architecture, photographies… ces œuvres ont vocation à nous interpeler et nous interroger sur le monde. Elles témoignent des bouleversements initiés au XIXe siècle, en pleine industrialisation et mettent en scène, dans des domaines divers, les prémices des défis climatiques contemporains.

“ Les « 100 œuvres qui racontent le climat » encouragent à penser l’avenir avec lucidité mais aussi avec espoir, en trouvant dans le patrimoine une source d’inspiration et d’engagement.”
Sylvain Amic, président de l’Etablissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie -Valéry Giscard d’Estaing.

Les équipes cognaçaises ont ainsi soigneusement sélectionné deux tableaux parmi ceux proposés par le musée d’Orsay et inutile de dire que ce choix ne doit rien au hasard.

Les œuvres du musée d’Orsay en résidence à Cognac

Catherine Wachs-Genest, directrice scientifique des musées a volontairement choisi ces œuvres fortes pour susciter réactions et échanges mais également pour entrer en conversation avec une des œuvres du musée de Cognac, Le désert de Palmyre de Théodore Frère. 

En partie suite à l’expédition d’Egypte de Napoléon Bonaparte, le courant orientaliste fut très présent au 19è siècle. Ingres, Delacroix ont mis en lumière cet orient un peu fantasmé, onirique et mystérieux. Cette passion pour l’orient va se poursuivre tout au long du siècle tout en évoluant vers plus de réalisme entre le vécu et le rêvé.

Le Sahara de Gustave Guillaumet

Sobrement intitulé « le Sahara », ce tableau de Guillaumet exprime avec force, la réalité tout à la fois aussi lumineuse et envoutante qu’âpre et cruelle de cet endroit. Gustave Guillaumet était à la fois peintre et « reporter ». Lorsqu’il propose son oeuvre au Salon en 1868, celle-ci suscite force commentaires, dont celui de Théophile Gautier « Jamais l’infini du désert n’a été peint d’une façon plus simple, plus grandiose et plus émouvante ». De la dépouille de l’animal au premier plan, à la lumière de la caravane à l’horizon, mais peut-être est-ce un mirage, la composition du tableau est saisissante.

Le Pays de la soif d’Eugène Fromentin

Le rochelais Eugène Fromentin effectua plusieurs voyages en Algérie dont le premier d’ailleurs, à l’insu de ses parents. Comme Delacroix, il fut peintre et écrivain, auteur d’Un voyage dans le Sahara et Un voyage dans le Sahel. Dans ce livre paru en 1858, il relate une histoire tragique qui lui a été rapportée, celle d’une caravane de 20 hommes prise dans une tempête du désert. Huit hommes décédèrent de soif ainsi que les trois-quarts des animaux. Dix ans plus tard, Fromentin restituera cette tragédie dans un tableau qu’il intitulera Le pays de la soif. La composition de ce tableau saisissant n’est pas sans rappeler celle du Radeau de la Méduse.

Le peintre gardera le tableau dans son atelier. Vendu une première fois après sa dispartion , Le pays de la soif est acquis deux ans plus tard par Edouard Martell, grand négociant de cognac de la maison éponyme et généreux bienfaiteur de la ville, Un choix audacieux qui témoignait de sa passion pour l’art. Edouard Martell le lèguera au Musée du Louvre, sous réserve d’usufruit à son épouse. Le Louvre en deviendra propriétaire en 1928 au décès de Madame Martell.

Pour les équipes de la maison du négociant-musée d’art et d’histoire de Cognac, il était évident que ce tableau ne pouvait venir qu’à Cognac. Ce voeux a été exhausé par le musée d’Orsay. Un juste retour aux sources, même provisoire, mais qu’importe.

Le cognac, une histoire d’évolution permanente

Depuis 400 ans, le cognac a vécu une succession d’histoires tantôt flamboyantes, tantôt dramatiques, ne serait-ce qu’au moment du phylloxera. Mais il a su traverser les épreuves et se réinventer sans jamais se renier. Le grand défi de la transition écologique mobilise aujourd’hui tous les femmes et hommes du cognac associés à des chercheurs pour adapter leur savoir-faire et trouver les bonnes réponses aux nouveaux enjeux qui se profilent.

Parmi ces réflexions, choix de cépages plus adaptés aux contraintes hydriques, de porte-greffes tolérants à la sécheresse, poursuite de la replantations de haies… Nul doute que le paysage s’en trouvera certainement modifié.

Une visite au musée et des rencontres

28 mars à 12H30 dans la série Midi au musée, une présentation des œuvres prêtées par le musée d’Orsay

30 avril à 15 h visite en famille autour des œuvres et de l’enjeu climatique

05 juin : Dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement, conférences, ateliers et table rondes ouvertes au public, en partenariat avec l’INRAE de Bordeaux, la station viticole, une tonnellerie du territoire.

Si vous vous posez la question de savoir de quelle manière l’art et la culture peuvent également  abonder le débat sur ce sujet qui nous concerne tous, autant collectivement qu’individuellement, n’hésitez pas à vous rendre à la Maison du négociant, musée d’art et d’histoire si vous êtes dans la région et dans les autres musées qui participent à cet évènement.