Bonsard ou le baroque en majesté

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Il dit  “j’ai beaucoup de connaissances de pas grand chose”  au milieu de son atelier qui prouve naturellement tout le contraire. Bonsard, enfant de Gondeville, en Grande Champagne, est né à une époque où  les destinées étaient tracées dès l’enfance. Il a pourtant su affirmer sa singularité en se construisant un parcours atypique et exigeant. Après une longue absence, il revient en terre cognaçaise en nous offrant le XVII ième siècle et la peinture baroque en partage.

 

 

Une trajectoire de vie

Mue par une volonté plus forte que l’enracinement à un territoire semblant immuable, le jeune Hervé Bonsard sait que sa vie n’est pas ici, du moins pas celle que la tradition familiale et l’empreinte sociologique tracent pour lui. Il s’évade pour faire des études de design, puis traverse le channel pour étudier à la prestigieuse Bristol Polytechnique dont il sort major. Que de chemin parcouru depuis les sentiers serpentant dans les vignes de Gondeville. Loin de se contenter de cette formation, il devient ingénieur. Le designer industriel invente sans cesse. Il est aujourd’hui consultant en innovation avec un regard décapant et différenciant. Mais pas seulement…

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Une fascination pour le XVII ième siècle

L’art est comme toujours sa ligne de force qui irrigue toutes ses actions. Le XVIIème siècle le fascine, par ce qu’il représente de génie humain dans tous les domaines : sciences, techniques, culture, littérature, peinture…Rembrandt, Caravage sont pour lui des sources infinies d’émerveillement.  Hervé Bonsard va alors consacrer des années à étudier, documents d’époque, revues, publications, pour posséder son sujet. Il pourrait être un exégète de la peinture baroque, mais il ne se contente pas d’accumuler les connaissances, il veut se confronter au réel à plusieurs siècles de distance. C’est ainsi qu’il est devenu aujourd’hui un exceptionnel portraitiste baroque.

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Le baroque des origines

L’utilisation des couleurs chaudes et naturelles, le travail sur les gestes, les lignes de force en diagonale, l’intensité des regards, et surtout le travail exceptionnel sur la lumière n’ont plus de secret pour lui et pour cause.  Ce passionné de recherches n’opte jamais pour la facilité. Au-delà de ses tableaux saisissants, Bonsard pousse l’exigence à travailler comme au XVII ième siècle. Son obstination le conduit à percer les secrets des ateliers ; il fabrique aujourd’hui, à la mains, tous ses pinceaux, brosses, retrouve les toiles les plus identiques à celles utilisées par ses maîtres, élabore ses vernis, fabrique ses couleurs… du sur-mesure, une exigence comparable au travail dans la haute couture.

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Les couleurs

10 couleurs seulement, qu’il fabrique lui-même, en mélangeant les pigments avec une huile de noix, pressée à froid que l’artiste va chercher chez un producteur local. L’huile de noix apporte plus de brillance que l’huile de lin et ne jaunit pas à terme, c’était celle qu’utilisait Vermeer et Rubens.  Les pigments et  l’huile de noix sont travaillés à la main sur une roche magmatique. Le geste lui-même est étudié, ce 8 répétitif de la main est presque hypnotique. https://youtu.be/3DJ9T9BhpB4 

Ce sont les 8 couches de peinture sur la toile qui vont créer entre elles cette alchimie des nuances, de la profondeur, de la lumière si caractéristique de ses tableaux.

 

Les brosses, pinceaux, palettes

Bonsard fait réaliser ses palettes chez un artisan mais trouve lui même le bois, du poirier, le seul qu’il utilise pour poser ses couleurs.  Ses longues marches dans la campagne lui fournissent une partie de sa matière première de plumes et  poils animaux. Chaque outil est réalisé à l’identique de ceux utilisés dans les ateliers du XVIIème siècle.

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Les liants et vernis

Encore une fabrication maison faite à base d’une  résine provenant du lentisque, un arbre poussant dan l’île grecque de Chio, et d’un beaume du Canada pour donner de la souplesse au vernis. Il est ensuite dilué dans une essence de térébenthine provenant des pins des Landes tout proches. Les colles utilisées pour colmater les interstices de la toile et pour l’isoler sont également une fabrication maison naturelle.

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L’ocre rouge que Bonsard pose en première couche a pour rôle de bloquer la lumière, une méthode utilisée par Rembrandt.

 La galerie en ville et l’atelier à la campagne

La galerie  de Bonsard est installée dans un des plus beaux hôtels particuliers de Cognac.

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Son atelier dans l’ancienne maison de ses grand-parents au milieu des vignes est un endroit hors du temps, dans son jus, qui nous projette dans les ateliers du XVIIième siècle si cher au coeur de l’artiste.

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Bonsard travaille sur commande, il réalise entre 10 et 12 tableaux par an.

C’est d’abord l’histoire d’une rencontre entre le modèle et l’artiste, et d’un apprivoisement mutuel. Pour le propriétaire de ce tableau unique, il s’agit souvent d’un geste de transmission. Le tableau raconte l’histoire familiale, fixe un moment tout en s’inscrivant dans l’intemporalité.

 

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